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La macrophotographie et la proxyphotographie
(Ou macro et proxy pour faire simple !)


Table des matières:

(Pour aller directement vers le sujet cliquez dessus)

  1. Définition.
  2. Les rapports de grossissement.
  1. Le matériel:
  1. Composition d'une image.
  1. Trouver des sujets.
  2. Les quatre saisons:
  1. La macro-attitude.
Description : Gene Boland

Définition:

« La macrophotographie est l'ensemble des techniques photographiques permettant de photographier des sujets de petite taille.
Le terme désigne l'activité photographique associée à ces techniques.
Les rapports de grandissement en macrophotographie se situent entre les échelles 1:1 (taille réelle) et 10:1 (dix fois plus gros que la taille réelle). Entre 1:10 et 1:1, on parle de proxiphotographie et au-delà de 10:1, on parle de photomicrographie, technique mise en œuvre en médecine, en imagerie scientifique, etc.
Macrophotographie est le terme usuel qui désigne la photomacrographie, souvent abrégée en macrophoto ou macro. »
Voilà pour les inconditionnels de définitions.

Voici ma version :

La macrographie et la proxymacro sont un art de vivre, une façon de voir le monde différemment et cela sans dépenser une fortune en avions et sans polluer car elle se pratique quasiment partout, à deux pas de chez vous, y compris dans votre jardin pour peu qu’il soit naturel et accueillant à la faune locale.
Il faut être un peu poète, un peu rêveur, pour s’intéresser à ce qui se passe dans le monde de l’herbe.
A quatre pattes dans la rosée du petit matin, à la recherche d’un être, si petit parfois, que nous ne nous rendons pas toujours compte que l’on pourrait en écraser des centaines si l’on n’y prend garde.
Lorsque l’on a vécu l’expérience de la macro, on ne voit plus les choses de la même manière, et l’on se prend à être plus spirituel: il y a donc des mondes, invisibles à l’œil nu, qui vivent en parallèle avec le nôtre !

 

Un petit mot sur les rapports de grossissement :

Rapport de grandissement en dessous de 1:1 (1:2, 1:3, etc…) c'est de la proximacro.
Rapport de grandissement de 1:1 et au-delà (2:1, 3:1, etc…) c'est de la macro.
Cela signifie que la taille de votre sujet sur votre capteur est égale à la taille de votre sujet (au rapport 1:1, si votre sujet mesure 1cm, il occupera une place d'1cm sur votre capteur)
Rapport de grandissement 2:1 signifie que la taille de votre sujet sur votre capteur est doublée par rapport à votre sujet (si votre sujet mesure 1cm, il occupera 2cm sur votre capteur)


Avoir le bon matériel :

Etudier son mode d’emploi et savoir l’utiliser afin d’être plus créatif et de sortir des sentiers battus.

Quel appareil ?

Le reflex est de loin le meilleur moyen de réaliser de la macrophotographie. Mais pour débuter, les petits compacts et les bridges sont valables. Oui, bien sûr, les possibilité des ses petits appareils restent limitées par rapport au reflex mais ils vous offrent la possibilité d’aborder ce type de photographie à moindres coûts.
La lenteur de certains compacts et bridges vous fera immanquablement rater à maintes reprises des images d’actions instantanées.
Le reflex est incontestablement l’appareil par excellence pour la macro, on peut l’équiper d’un objectif macro, de flash annulaire ou de plusieurs petits flashes automatiques, le mettre sur trépied et utiliser une télécommande. En outre il est doté d’un autofocus et de systèmes de mesure bien plus efficaces. L’image donnée par la visée des reflex est beaucoup plus fine, elle permet donc des réglages de mise au point et de profondeur de champs bien plus précis. Il est également possible de l’équiper d’un viseur d’angle ce qui vous évitera de prendre un bain de rosée un peu trop rafraîchissant.

Description : compact
Appareil compact numérique.

 

Description : bridge
Appareil bridge numérique.

 

Description : reflex
Appareil reflex numérique.

 

La macro avec un compact :


Le mode macro sur un compact permet de faire une mise au point à très petite distance (ce qui peut parfois gêner le sujet et le faire fuir)
Le flash d’un compact est trop puissant et excentré par rapport à l’axe de l’optique pour éclairer correctement un insecte pris à courte distance (de plus, il risque de nouveau de gêner le sujet). Il faut donc choisir de désactiver le flash et de travailler en lumière du jour suffisante ou d’augmenter les iso.
Afin d’éviter les flous de bouger dus à une portée à bout de bras (visée par l’écran), calez-vous contre un support stable : un coussin de riz, un tronc d’arbre, les coudes au sol ou mieux un mini trépied.
Laissez l’appareil faire la mise au point, c’est parfois très lent en prise de vue rapprochée.
Le petit rond vert de la mise au point doit être fixe, si ce n’est pas le cas, vous êtes trop près, reculez-vous un peu.
Pressez doucement le déclencheur lors d’une expiration lente pour éviter le flou de bouger.
Agissez toujours en douceur avec les insectes et gardez en mémoire qu’ils ont tous une distance de sécurité à respecter au risque de les mettre en déroute et de vous faire rater une photo.

 

Description : Christian Colson
Photomacro prise avec un compact.

 

La macro avec un bridge :


On s’élève d’un cran avec la visée électronique, on y gagne en stabilité tout simplement en appuyant l’appareil contre son visage et en collant les bras contre le corps ce qui minimise énormément les flous de bouger dus aux tremblements.
Tout comme avec le compact, il vaut toujours mieux vérifier la qualité de mise au point avec le rond vert (fixe) pareillement, veillez à toujours bien caler votre appareil et déclencher en expirant lentement.

 

Description : M-C Brasseur
Photomacro prise avec un bridge.

 

La macro avec un reflex :


Le plus efficace et le plus pratique, il se dote d’une multitude d’accessoires laissant libre cours à votre créativité, la visée reflex permet une mise au point très fine et très précise, un cadrage, le réglage de la profondeur de champs etc. Avec un capteur de taille nettement supérieur à celui d’un compact ou d’un bridge, il est moins sensible au bruit numérique et donne une image bien plus fine et plus nette ce qui permet également de monter dans les iso sans interférer sur la qualité de l’image.
De plus, les optiques d’un reflex sont de qualité très supérieure à celles d’un compact ou d’un bridge. Ils disposent en plus d’un autofocus bien plus véloce. Bien qu’en macro il soit fortement conseillé de toujours utiliser la mise au point manuelle, pour la simple et bonne raison que l’autofocus fera la mise au point sur le sujet le plus proche qui bien souvent sera une patte ou un pétale en avant plan et la tête ou les yeux seront flous.

 

Description : Gaston Feller
Photomacro prise avec un reflex.

 

Les objectifs macros :


Un objectif macro est étudié pour donner les meilleurs résultats à tous les rapports de grossissement.
Il permet de se rapprocher du sujet à l’instar d’un téléobjectif classique, qui lui, resserre le cadrage par réduction du champ couvert.
Préférez des objectifs « IF » (à focalisation interne) plus étanches et plus lumineux. Ils permettent également de se tenir plus éloigné du sujet pour un même grossissement et de préserver ainsi les distances de sécurité de l’animal.
Donnez aussi la préférence aux objectifs lumineux f/2.8 et stabilisé, dotés d’une mise au point ultrarapide très utile lors de séances photo par temps venteux. (Si vous utilisez un trépied, veillez à mettre hors fonction la stabilisation)
Il existe différentes focales: 50mm, 100mm, 180mm, 200mm, son choix dépendra de l’usage que vous comptez en faire : le 50mm pour les fleurs et les sujets qui ne risquent pas de s’enfuir si vous approchez de trop près, 100mm pour des insectes peu farouche et 180/200mm pour les libellules et autres papillons très farouches.
Personnellement je suis passée du 100mm au 180mm dans un souci de respect des distances de confort et de sécurité de l’animal, (pour ne pas l’effrayer).
L’objectif macro est également très polyvalent, comme il est souvent lumineux, avec un beau piqué, il peut se révéler être un excellent objectif pour des prises de vue aussi variées que des portraits, des paysages et bien d’autres genres…

Son coût bien sûr n’est pas négligeable, il est souvent plus cher que les autres objectifs, mais cet aspect ne l’empêche pas de faire de ses qualités un très bon objectif multi-usage. (Dans le cas d’un objectif 50mm macro, vous pourriez l’utiliser pour faire des reportages mariages, communions, baptêmes … des portraits (avec un peu d’audace pour se rapprocher suffisamment de la personne), des paysages et bien sûr de la macro)

       

Description : Objectif macro
Objectif 100mm macro et 180mm macro

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Les objectifs dits « supermacro » :


Ils vous proposent des rapports de grossissement qui vont au-delà du rapport 3:1 voire même 5:1 ! Hélas, ceux-ci sont nettement moins polyvalents et se cantonnent uniquement à la macrophotographie.

 

Description : supermacro
Objectif supermacro: Canon Mpe 65.

Les objectifs proxy :

Certains objectifs sont dénommés « macro » (à tort) car ils permettent à peine d’atteindre des rapports de grossissement de l’ordre du 1:2, (càd qu’un sujet mesurant 2cm fera à peine 1cm sur votre capteur) alors que la macro commence au rapport 1:1. Mais ces objectifs vont vous permettre de connaître les joies de la proxiphotomacro à un coût relativement raisonnable.
La proximacrophoto est également réalisable avec un vrai objectif macro.
Par conséquent, personnellement, je vous déconseillerai d’investir dans ce type d’optique ; quitte à attendre d’économiser et de préférer opter pour un vrai objectif macro.

 

Description : objectif proximacro
Objectif zoom 24/105mm dénomé macro.

Les tubes/bagues d’allonge:

Sont de simples tubes que l’on place entre l’objectif et l’appareil et qui augmente la distance entre ceux-ci ce qui a pour effet de diminuer la distance de mise au point et donc de se rapprocher du sujet.
Il existe sur le marché trois grandeurs de bagues différentes : 12mm, 20mm, et 36mm, qui peuvent être cumulées entres elles pour obtenir un grossissement maximum.
Attention : tous les objectifs ne sont pas compatibles avec toutes les tubes/bagues d'allonge.
L’ajout d’une bague d'allonge sur un objectif vous pénalise en vous supprimant la mise au point sur l’infini, prenez en compte que plus vous ajoutez de bagues plus vous perdez de luminosité, il vous faudra alors utiliser un flash pour compenser cette perte, bref son principal défaut est son manque de souplesse
Avantage : aucune perte de qualité ce qui est le cas avec les bonnettes macro dont nous parlerons plus loin.

 

Description : tubes allonge
Tubes allonge.

Les soufflets :

Ce sont des bagues d’allonge extensibles.
Principal défaut : ils sont dépourvus de connections et ne peuvent transmettre les infos de l’appareil à l’objectif et vice et versa, ce qui a pour effet non négligeable de perdre les automatismes, ouverture, mise au point etc… vous voilà de retour au tout manuel, sympa…
Le tout difficilement transportable en campagne, vous voilà avertis !
Avantage : quand même, extensible et monté sur banc optique gradué, ils offrent un réglage, au millimètre près, du grossissement souhaité.

 

Description : soufflet
Soufflets.

Les bonnettes macro :

Elles fonctionnes comme une loupe que l’on viendrait visser devant l’objectif.
Elles existent dans différentes dioptries, plus le nombre de dioptries est élevé plus le grossissement sera fort.
Il faut toutes fois éviter de sombrer dans de trop grandes dioptries bon marché (au-delà de 4) ce qui ruinerait l’esthétique de votre image par des aberrations.
Choisissez, si votre budget vous le permet, des bonnettes achromatiques et multicouches, afin d’éviter de vilaines bandes de couleur sur votre image.
La bonnette n’occasionne aucune perte de luminosité mais une perte de qualité d’image.

 

Description : bonette
Bonnettes macro à visser sur l'objectif.

L’inversion d’objectif :

Technique qui consiste à monter, grâce à une bague d’adaptation, un objectif souvent de type 50mm à l’envers sur un autre objectif ou directement sur le boîtier et dont le but est d’obtenir un grossissement très important.
Cette technique rend impossible l’utilisation des automatismes tels que l’autofocus. De plus elle réduit considérablement la qualité de l’image.
Si vous sélectionnez une ouverture trop grande f/2.8 par exemple vous aurez une profondeur de champs extrêmement réduite, a contrario, si vous sélectionnez une petite ouverture f/11 vous aurez du vignettage.
Que faire ? Deux solutions s’offrent à vous, soit : choisir un objectif avec une lentille frontale proche de la lentille frontale de l’objectif monté sur le boîtier, soit : recadrer pour supprimer la partie vignettée.

 

Description : Objectif inversé
Objectif inversé.

Le multiplicateur :

C’est une bague d'allonge dotée d’optiques qui se place entre l’objectif et le boîtier et qui va permettre de multiplier la focale de l’objectif sur lequel il est monté.
Différents cœfficients sont disponibles sur le marché : x1.4, x1.5, x2, x3, etc…
Un 100mm macro monté sur un multiplicateur x2 devient un 200mm macro de rapport 2:1 sans affecter la distance minimale de mise au point, mais comme à chaque fois que l’on ajoute des éléments optiques sur un objectif, la qualité s’en ressent (mais comme les optiques macros sont d’excellente qualité, si vous optez pour un multiplicateur inférieur à x2, bien souvent cela ne se voit guère.)
La mise au point à l’infini est conservée.
Il se trouve que certains objectifs ne sont pas compatibles avec certains multiplicateurs, renseignez-vous avant d’acheter.

 

Description : multiplicateur
Multiplicateur 1.4x et 2x.

Le trépied et Cie:

Le flou de bouger dus au photographe, à ces valeurs de grandissement, est un inconvénient majeur. Je ne peux que vous conseiller l’encombrant trépied qui reste à mes yeux le moyen le plus efficace de réussir vos photos en évitant ce flou.
A choisir, prenez-le lourd pour sa stabilité ou en carbone (plus cher mais plus léger) et avec un écartement de pied qui vous permet de prendre des clichés au ras du sol.
Bien sûr il y a aussi le monopode plus maniable mais bien moins stable qui trouve stabilité par pression vers le sol, ou encore le champion toutes catégories des prix au rabais et du poids plume, le bout de ficelle (attachez la ficelle autour de votre objectif et calez-la en dessous de votre pied) ici la stabilisation est obtenue par traction vers le haut à l’inverse du monopode. Si toutes fois vous ne souhaitez aucun accessoire veillez tout même à vous aider de ce que vous trouverez sur place pour vous appuyer et vous stabiliser (tronc d’arbre, sol, roche…) bloquez votre respiration sur une expiration et déclenchez lentement entre deux pulsations de votre cœur. (Cela vous fera un bon entraînement cardiovasculaire !)

 

Description : trépied gitzo
Trépied Gitzo explorer.

La télécommande :

Si vous utilisez un trépied, utilisez la télécommande, elle vous assurera une netteté d’image supérieure.

Description : télécommande
Télécommande à cordon souple.

Les réflecteurs et diffuseurs:

Outre le vent, en macrophotographie, votre ennemi n°2 c’est le manque de lumière. Souvent cachés sous un feuillage, niché au cœur d’une fleur, vos sujets seront mal éclairés et le manque de lumière vous empêchera d’atteindre des vitesses acceptables pour obtenir une photo nette et détaillée.
Pour atténuer des ombres trop fortes utilisez un diffuseur translucide blanc qui va comme son nom l’indique diffuser la lumière et la répartir plus harmonieusement sur le sujet. Vous pouvez le réaliser vous-même à partir d’un bidon de produit d’entretien ou de lave glace par exemple.
Pour gagner en lumière, deux solutions s’offrent à vous : les flashs souvent onéreux (ce n’est pas mon domaine de prédilection) et le réflecteur, pour déboucher les ombres en douceur. Il peut être fabriqué à bon prix par vos soins en découpant un morceau de carton et en le recouvrant de papier alu, coté mat à l’extérieur.
Diffuseurs et réflecteurs existent bien sûr tout faits dans le commerce, pliables, ils se rangent dans une housse, c’est très léger et pratique.
A éviter les réflecteurs dorés qui donnent une teinte pas très naturelle à la scène, il vaut mieux leur préférer les réflecteurs argentés et/ou blancs.
Un simple t-shirt blanc peut faire l’affaire si vous avez oublié votre réflecteur.

 

Description : réflecteur
Réflecteurs.

Les flashs:

Il existe plusieurs sortes de flashs : le flash intégré, peu recommandé pour la macro, le flash cobra, muni d’un cordon ou d’un transmetteur infrarouge, il peut être détaché du boîtier et être déporté ou rapproché du sujet pour un effet plus modelé, et le summum : le flash macro annulaire (qui produit des reflets circulaires parfois peu esthétiques selon certains) ainsi que les flashs à tête réflecteur. Ces deux derniers se fixent sur l’objectif.
Quoi qu’il en soit une règle importante à retenir si vous utilisez un flash déporté c’est de le rapprocher du sujet pour créer des ombres plus diffuses et non de l’éloigner comme on aurait tendance à le faire.


Description : annulaire
Flash annulaire.

Description : tête réflecteur
Flash à têtes réflecteurs.

Description : trensmetteur
Transmetteur.

Description : Flash cobra
Flash cobra.

 

Les pinces stabilisatrices :

Lors d’une séance de prise de vue au grand air, vous aurez vite fait de constater que le vent est votre ennemi n°1 en macro et que votre sujet se balance en tous sens au gré du vent haut perché sur sa tige. On trouve des pinces stabilisatrices toutes faites sur le marché, mais un tuteur muni d’une pince à linge peut déjà faire l’affaire, plantez le tuteur dans le sol et à l’aide de la pince, fixez la tige de votre fleur à votre tuteur. Mon mari m'a réalisé ma pince à partir d'un tube coupé en trois parties que l'on peut visser entre-elles pour obtenir la bonne hauteur, auquel il a ajouté une petite pince flexible.

 

Description : pinces
Pinces stabilisatrices maison.

Les filtres :

Ambre pour corriger la teinte de la lumière du flash et polarisant pour photographier sans reflets dans l’eau.

Description : filtre polarisant
Filtre polarisant.

Le viseur d’angle :

Une des règles de base d’une photo réussie est de se mettre à la hauteur de son sujet, or en macro, nous sommes souvent au ras du sol. Afin d’éviter de se rouler dans la boue, il existe un petit accessoire bien commode, le viseur d’angle. De forme coudée, il se monte sur le viseur de votre boîtier, vous n’avez plus à vous coucher, il vous suffit de vous pencher et de viser par le dessus de l’appareil.

 

Description : viseur d'angle
Viseur d'angle.

La composition de l’image :

  1. Sens de lecture.
  2. Points forts.
  3. Règle des tiers.
  4. Sens du cadrage, sens du sujet.
  5. Libérer le regard.
  6. Décentrer.

Et oui, bien sûr, ce qui vaut dans tous les domaines, vaut ici aussi.

Description : Gene Boland

    Merci au forum http://www.FRPN.free.fr

Une photo ça se lit:

Oui, une image, ça se lit ! L'œil « entre dans l'image » par la gauche et la parcourt ensuite du haut vers le bas.
L'œil d'un spectateur s'arrête plus volontiers sur les lignes de force (ou les points forts).
Sens de lecture d'une image:


Description : Lecture d'une image

Description : Geneviève Boland

Les points forts:

Ce sont des passages obligés pour l'œil qui examine l'image.
Ces points forts, aussi appelés « points chauds », sont les points privilégiés pour la composition ; il est recommandé d'y placer son sujet pour bénéficier d'un meilleur impact.
Les points forts sont situés à l'intersection des droites coupant l'image en tiers.
Tout rectangle, tout carré, peut être divisé en plusieurs autres rectangles ou carrés plus petits.
Les lignes verticales AC et BD, et les lignes horizontales EG et FH sont nommées les lignes de force de l'image, et leurs points d'intersection 1-2-3-4 sont les points forts.
Aucune ligne de force ne passe par le centre et aucun point fort ne s'y trouve. On voit donc immédiatement que le centre de l'image est évité à tout prix.


Description : Lignes de force-001

Description : Lignes de force-003

Lignes de force et points forts en format paysage.

Lignes de force et points forts en format carré.

Description : Lignes de force-002

Description : Christian Colson

Lignes de force et points forts en format portrait.

Remarquez les lignes de force en gris sur cette photo
et vous constaterez que le sujet principal
se trouve à l'intersection de deux lignes de force, donc, à un point de force de l'image.

La Règle des tiers:

Projetez une grille sur la scène, et placer les différents éléments importants sur ces lignes dites « lignes de force » et à leurs intersections. Particulièrement en photographie de paysage : on placera 2/3 de ciel pour 1/3 de terre si le ciel présente un intérêt majeur, 1/3 de ciel pour 2/3 de terre lorsque le ciel est vide et que le sujet de la photo est situé dans les terres.

Description : Geneviève Boland


Règle des tiers appliqués pour 1/3 de ciel et 2/3 de terre, la surface du lac fait office de ligne d'horizon.
Le sujet (la barque) est placé aux environs d'un point fort, à l'intersection des lignes de force.

Adaptez le sens du cadrage à celui de votre sujet:


Description : Francis Mathus

Description : Nicole Jadoul

Utiliser le format portrait, aussi appelé photographie à la Française (vertical), pour photographier les sujets en hauteur:

Utiliser le format paysage, aussi appelé photographie à l'Italienne (horizontal), pour photographier les sujets en longueur.

Placez de l'espace devant votre sujet:

Dans le cadre étroit d'une photo, le sujet doit respirer ! Il est recommandé de placer de l'espace devant les yeux d'une personne, afin que l'on puisse imaginer la continuité du regard. Cette recommandation vaut également pour les sujets mobiles (une Ferrari lancée à 200 km sur la piste, un cheval au galop…). Placez ainsi le sujet du côté opposé à celui de son déplacement pour suggérer son mouvement. Si le sujet que vous photographiez se déplace rapidement, vous aurez du mal à le placer précisément dans le cadre. Prenez du recul ou bien cadrez plus large, et recadrez en post traitement.

Description : Christian Colson


Décentrez votre sujet:

Si vous placez votre sujet au centre de l'image, l'œil ira directement le trouver et ressortira aussi rapidement de la photo qu'il y est entré. Or, une bonne image fonctionne de façon toute différente : elle accompagne l'œil vers le sujet et lui donne envie de s'attarder dans la composition. Autant que possible, elle doit même s'arranger pour le rendre « captif ».

Description : http://www.photoclublibramont.be/Images/macro-047.jpg

Trouver ses sujets :


Connaître la nature, est une notion indispensable à la réalisation d’un bon cliché et cela vaut dans tous les domaines qui touchent de près ou de loin à la photographie nature.
Savoir que tel insecte hiverne et est présent dès les premiers beaux jours du printemps ou que tel autre migre au loin et ne revient qu’au début de l’été va vous permettre de gagner du temps et d'éviter des désillusions en cherchant une espèce à un endroit où elle ne mettra jamais les pattes.
Connaître les insectes et les fleurs que vous souhaitez photographier est donc très important, offrez-vous de bons guides naturalistes sur vos sujets de prédilection, tels que papillons, libellules, flore de nos régions etc… (Les guides « Delachaux et Niestlé » sont d’excellentes références.)
Adhérer à une association de naturalistes est une façon de joindre l’utile à l’agréable, cet échange de bons procédés très enrichissants, vous apprendra à reconnaître les espèces, trouver de bons « spots » (coin intéressant pour telle ou telle espèce) en retour, vos clichés et vos informations aideront les naturalistes dans leurs statistiques et documentations.
Même si les périodes les plus favorables à la photomacrographie sont le printemps et l’été, la macro s’offre toute l’année aux curieux de nature.
 

Description : sujet
Un objectif supermacro "MPE 65"
qui a trouvé son sujet!

Les quatres saisons :


Le printemps :


Au début du printemps, il faut faire vite, les jolies jonquilles, jacinthes et autres crocus des sous-bois seront vite à l’ombre des feuillages, la faune endormie jusqu’alors sort de sa cache pour se réchauffer aux doux rayons du soleil et grouille de toutes parts, c’est l’éveil à la vie, un foisonnement de clichés vous attend.
A la fin du printemps, papillons et libellules étrennent leurs ailes toutes neuves, la nature est saturée de couleurs, c’est un pur régal pour les coloristes, c’est la période la plus intense du macrophotographe.
Conseils utiles :
Utilisez un flash annulaire en synchrolente ou un réflecteur pour déboucher les ombres, qui peuvent être très dures, par grand beau temps.
Evitez de vous placer entre le soleil et le papillon ou l’insecte au risque de le voir s’envoler sur le champ. Tirez le portrait du papillon de profil afin d’utiliser une très faible profondeur de champs qui mettra votre sujet en valeur, veillez à ce que votre objectif soit parfaitement parallèle à votre sujet. Si vous voulez le photographier de face, faites attention de bien effectuer la mise au point sur les yeux et d’utiliser une profondeur de champs pas trop réduite, ouverture d’environ f8 par exemple.
Les sujets intéressants au printemps:
Fleurs d’arbres fruitiers, fleurs de jardin et des bois, crosses de fougères, éclosion et métamorphose de papillons de jour et de nuit, cétoines, coccinelles, agrions, calopterix et libellules, abeilles, bourdons, guêpes,, sauterelles, fourmis, punaises, charançons, hannetons, bousiers, larves, têtards, salamandres, tritons, éphémères…
 

Description : Gene Boland

L’été :


Les végétaux perdent déjà leurs éclat, la nature a atteint son sommet, tout le petit monde de la prairie est là, vaquant à ses occupations, la vie a pris un rythme de croisière, les occasions sont telles que le photographe ne sait plus où donner de l’objectif et va, chemin faisant, vers l’automne.
Conseils utiles :
Pour photographier les abeilles en train de polliniser une fleur, mettez-vous à la hauteur de la fleur pour ne pas écraser la scène, photographiez les de profil ou de trois quart et utilisez un petit coup de flash pour raviver l’éclat de leurs couleurs.
Explorez chaque fleur, car s’y cachent bien souvent de nombreux invités surprise comme la thomise, petite araignée qui vous attend les bras ouverts, elle est très photogénique.
Trouvez ou créez-vous une mare, elles grouillent littéralement de vie, les libellules sont très réactives mais se posent souvent au même endroit, observez puis mettez-vous en poste avec un petit téléobjectif à mise au point rapprochée (150mm à 200mm) et là… patience ! Autour de cette mare vous ferez de nombreuses rencontres et qui sait, si vous croisez un joli crapaud peut-être que si vous vous approchez de lui la bouche en cœur…
… et que vous sortez votre appareil, vous pourrez le photographier au travers d’une mince épaisseur d’eau. Pour éviter de vilains reflets, utilisez un filtre polarisant.
Les sujets intéressants en été:
Rhododendrons de montagne, linaires des alpes, lys des Pyrénées, lys martagon, épilobes, digitales, roses trémières, fruits et baies rouges, gentianes, dahlias, nénuphars et lotus, chardons bleu, ombellifères, droseras et tourbières, edelweiss, toutes les fleurs de jardin et fleurs sauvages, abeilles, cigales, papillons, libellules, empuses, zygènes, grandes sauterelles vertes, dytiques, gerris, grenouilles, crapauds communs…
 

Description : Gene Boland

L’automne :


Entre la fin de l’été et le début de l’automne, on entre dans la période des araignées, fascinantes avec leurs 4 paires d’yeux hypnotiques, des champignons et des semences très graphiques. L’automne rivalise avec le printemps, une matinée de brume et vous voilà devant le magnifique collier de perles que vous offre l’araignée. C’est aussi à cette période qu’en fin d’après-midi, la lumière commence à donner des teintes chaudes à tout ce qu’elle touche.
Il est parfois intéressant de se pencher sur les mousses de bois qui au bon grossissement vous donnent l’impression d’entrer dans une forêt, un monde de velours.
Conseils utiles :
Les fleurs se raréfient et les insectes se ruent vers les fruits, c’est le moment de se diriger vers le verger pour trouver des sujets ivres de sucre. Si vous travaillez au flash, prenez garde aux reflets qui ne paraissent pas très naturels sur les fruits, choisissez plutôt de travailler sur trépieds avec des réflecteurs.
C’est le moment de sortir au petit matin et d’ouvrir grand les mirettes car lorsque la brume recouvre tout d’une rosée fraîche elle engourdi les insectes qui se laisseront tirer le portrait avant de reprendre leurs activités diurnes.
Les sujets intéressants en automne:
Cosmos, dahlias, chrysanthèmes, asters, fruits du fusain, feuilles mortes, grappes de raisins, baies violettes, fougères en jaunissant, châtaignes et marrons avec leurs bogues, bruyères en fleurs, sphaignes, mousses, lichen, rossée sur les fruits et les toiles d’araignées, sorbiers des oiseleurs, champignons, araignées, mantes religieuses, libellules : sympetrum et aeschnes, frelons, abeilles et guêpes, fourmis rousses, escargots, limaces, grenouilles rousses, salamandres, lucarnes cerf-volant…
 

Description : Véro Arnould

L’hiver :


N’est pas en reste à qui ose affronter les températures polaires !
Il est important de s’avoir s’équiper afin d’éviter une bonne grippe, sous-vêtements chauds, pantalons de skis, veste chaude, bonnet, écharpe, gants, et surtout de bonnes grosses chaussettes dans vos bottines.
Car celui qui veut faire de la macro en hiver, s’attaque au givre et à la glace.
Conseils utiles :
Coté matériel n’oubliez pas d’emporter, bien au chaud dans l’une des poches intérieures de votre doudoune, des piles ou des batteries de rechange car le froid aura vite fait de les mettre à plat. Retirez la pile/batterie de votre appareil entre deux séances de prises de vue et mettez-la au chaud.
Ne mettez pas votre appareil tout entier dans votre doudoune car en le sortant il se couvrira de givre et vous serez privé de faire la photo du siècle !
Les sujets intéressants en hiver:
Givre, bourgeons, fruits et feuilles de houx, sapins, lichen, fougères givrées, lierres sous la neige, stalactites de glace, gouttes de glace le long d’un ruisseau, mousses, bulles d’air ou brisures prises dans les flaques de glace, hellébores en fleurs tout l’hiver, floraison des perce neige, des nivéole et des crocus…
 

Description : Christian Colson

La macro attitude :

Bienvenue dans un monde de douceur et de patience !
Pour approcher vos sujets, déplacez-vous avec une extrême lenteur, faites de petits gestes, lents, précis et calculés.
Evitez de faire de l’ombre à vos sujets, ne les privez pas de soleil, comme vous, ils détestent ça et ils vous remercieront en vous fuyant.
Placez-vous face au soleil pour les approcher et surveillez votre ombre pour vous mettre en place.
Messieurs, ce n’est ni le moment, ni le lieu pour sortir votre dernière montre toute neuve, Mesdames, laissez dans leur boite à bijoux tous vos ornements, leurs reflets vous gâcheront à coup sûr, l’une ou l’autre de vos approches.
Evitez d’emporter la radio avec vous et soyez le plus silencieux possible, un peu comme dans un temple, celui dédié à la nature.
Les insectes aussi sont sensibles aux bruits.
Portez des vêtements sombres à manches et jambes longues, ceci vous évitera, en plus d’être discrets au regard de vos sujets, de désagréables piqûres.
Bref on ne doit, ni vous voir, ni vous entendre, vous devez surprendre le chien du randonneur qui passerait par là.
La nature se doit d’être respectée, regardez où vous mettez les pieds, ne déplacez rien sans le remettre à sa place, ne cueillez pas, ne ramassez pas, ne jetez pas vos restes de pique-nique, ni vos mouchoirs en papier.
Souvenez-vous que cet endroit que vous avez visité doit rester tel que vous l’avez trouvé.

Je garde gravé en mémoire l’image d’un grand homme, portant casquette, qui allait jusqu’à redresser les herbes couchée là où il avait posé son sac ! Quelle belle leçon n’est-ce pas ?


Description : Gene Boland

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